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Bonne pratique

Une formation pour restaurer les meubles,
testée chez Emmaüs-Défi

UNAMA

Une formation-pilote pour les salariés en insertion, conçue par l’Union nationale de l’artisanat et des métiers de l’ameublement (Unama) et cofinancée par Eco-mobilier a été accueillie par Emmaüs-Défi en juillet dernier. Bilan positif sur le plan pédagogique et sur le plan humain.

 

 

 

Ses fauteuils ont trôné en bonne place, sous les ors du Palais Brongniart, lors du Rendez-vous de l’Economie circulaire, le 28 octobre 2016. Fatou les a réalisés à partir d’éléments de meubles initialement destinés à la déchèterie.

Ses chaises accrochent, chaque jour, l’œil des passants dans la vitrine de la boutique d’Emmaüs Défi au «104», l’espace culturel et innovant de la rue Curial dans le XIXe arrondissement de Paris. Elles constituent les éléments centraux d’une installation imaginée par Malachi Farell, plasticien irlandais de renom. Stan, habituellement plus spécialisé dans la réparation de matériel (notamment les machines à coudre) chez Emmaüs-Défi, les a retapissées de main de maître. «Je regarde comment il faut faire et, ensuite, je fais», dit-il sobrement pour expliquer sa rapidité d’acquisition d’un nouveau savoir-faire.

Une formation testée en conditions réelles

Comme une demi-douzaine de salariés d’Emmaüs-Défi, Fatou et Stan ont pu participer, en juillet dernier, à la formation-pilote pour salariés en insertion, conçue par l’Union nationale de l’artisanat et des métiers de l’ameublement (Unama), cofinancée par Eco-mobilier et accueillie par Emmaüs-Défi qui a également participé à sa conception.

Objectif de la formation-pilote : tester un module de 90 à105 heures, en conditions réelles, sur le lieu de travail avec des personnes en insertion professionnelle dans une entreprise sociale et solidaire (ESS). Ceci afin de valider le référentiel du certificat de qualification «Intervenant en revalorisation de mobilier et d’agencement», une qualification tendant vers le niveau du CAP et reconnue par la profession. « Nous souhaitions évaluer la pédagogie, le volume horaire et le rythme adaptés à ce public, mais il nous fallait aussi évaluer les besoins en termes de formation de formateurs », explique Patrick Kruse, secrétaire général de l’Unama.

 

Exercices de répétition et apports théoriques

Marc Jitiaux, designer de formation Boulle et créateur de mobilier, a co-animé l’expérience pédagogique : « Nous avons vécu notre intervention en immersion, en nous adaptant au lieu et au patrimoine local. Tous les jours nous sommes allés à la benne. Tous les matins, nous avons créé notre espace de travail. Les participants ont découvert qu’ils étaient dans un lieu extraordinaire et, aussi, qu’ils étaient capables d’apprendre ».

Au fil des jours, sous le regard attentif de Pierre Chanson, encadrant technique chez Emmaüs-Défi, les participants ont pratiqué de nombreux exercices de répétition pour assurer la précision de leurs gestes. Marc les a sensibilisés au travail méthodique, à la créativité et, l’air de rien, à des données théoriques universelles telles que le nombre d’or. Travail pratique du groupe : en partant d’une carte postale représentant la chambre de Vincent Van Gogh, le groupe de stagiaires a réalisé une reconstitution, en taille réelle, du tableau de l’artiste.

Le projet de formation lancé par l’Unama et Eco-mobilier doit pouvoir être reproductible dans les ESS spécialisées dans le réemploi et engagées dans l’insertion professionnelle. Il s’inscrit dans la volonté de l’éco-organisme de favoriser le développement durable par la limitation de l’impact environnemental des meubles tout en favorisant le retour vers l’emploi de personnes qui en sont écartées.

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