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Bonne pratique

Quand le «do it yourself» se transforme en levier de croissance

 

« Restaurer meuble » : en tapant cette simple recherche sur internet, ce sont environ 15 000 tutoriels et plus 560 000 sites immédiatement répertoriés. Il y a deux ans, Linkinfluence, leader européen des cabinets d’étude des médias sociaux, estimait que 553 000 blogs étaient déjà consacrés aux loisirs créatifs. Tout porte à penser que depuis, la tendance n’a fait que croitre et embellir. Parler de phénomène de société n’a donc rien d’une exagération. Sur le Web, à la télé, dans les magazines, le « do it yourself », souvent abrégé en « DIY » est partout.

Mais qu’est-ce qui pousse ainsi les Français à sortir leurs boîtes à outils et à se retrousser les manches ? Opinion Way, le dernier institut à avoir conduit une vaste enquête sur cette question, avance quelques réponses. Les 61% de Français qui mènent « une seconde vie créative » le font, pour un tiers d’entre eux, parce qu’ils considèrent que « recycler, rénover, c’est créer » (37%). Un second tiers rénovent ou « customisent » pour « déconnecter à travers un hobby très ciblé » (33%). Ce qui n’exclut pas que pour une large majorité de consommateurs (60%), la motivation économique reste centrale dans le choix de cette pratique.

 

Les grandes enseignes du bricolage passent à l’action

La déferlante du do it yourself n’a pas échappé aux services marketing des grandes surfaces du bricolage. Ce marché, qui a connu une année 2015 en demi-teintes, s’est emparé de la tendance DIY pour en faire une nouvelle dynamique de croissance. Les Echos-Etudes, dans leur livraison de mai 2016, analysent comment Leroy-Merlin et Castorama, entre autres, «proposent aux consommateurs des cours et ateliers pour les accompagner dans leur apprentissage du bricolage et ainsi les inciter à s’équiper davantage en outils et matériaux ».

A Ivry-sur-Seine en région parisienne, Leroy-Merlin a investi 2,2 millions d’euros pour créer un « Techshop », où à raison d’un abonnement mensuel de 50 à 180 euros, les bricoleurs de tous niveaux peuvent profiter, sur 2000m2, d’imprimantes 3D et d’outils semi-professionnels.

Sur ce modèle inspiré des « fab labs* », Castorama, quant à lui, propose des ateliers collaboratifs dans ses magasins. L’enseigne vient notamment de lancer dans son magasin d’Antibes un « Casto Lab » dans lequel elle propose des cours à partir de 5 euros par heure, afin de créer une relation privilégiée avec ses clients.

Les consommateurs changent leur regard sur la consommation et aspirent à de nouvelles pratiques. Les leaders du marché du bricolage ont choisi de s’emparer de ces évolutions et cherchent à instaurer une nouvelle relation aux consommateurs. Une piste à suivre ?

 

* Contraction de l'anglais fabrication laboratory, « laboratoire de fabrication » : lieu ouvert au public où sont mis à sa disposition des machines-outils pilotées par ordinateur, pour la conception et la réalisation d'objets.

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