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L’Atelier Emmaüs de Lyon transforme des matériaux de récupération en mobilier design

Avec le soutien d’Eco-mobilier, la menuiserie-école enseigne un savoir-faire artisanal à des travailleurs éloignés du marché de l’emploi. Ils apprennent à fabriquer des objets en série à la fois esthétiques et conçus à partir de récup’.

Crédit photo : Atelier Emmaüs

« Notre première mission est sociale : nous permettons à ceux qui sont éloignés de l’emploi de s’initier au savoir-faire de transformation du bois », explique Guillaume Poignon, responsable de l’Atelier Emmaüs basé à Lyon. « Notre deuxième mission est environnementale », ajoute le dirigeant de l’association. Ainsi, la menuiserie produit des meubles à partir de déchets et propose des objets sur-mesure mais également fabriqués en série.

Avec le soutien d’Eco-mobilier, l’Atelier Emmaüs a ainsi créé une offre qui n’existait pas : des objets de design contemporains signés de grands noms du design français, tels que Lisa Lejeune, Ferréol Babin et Ionna Vautrin, fabriqués en France à partir de matériaux récupérés. Ils sont commercialisés en ligne et en boutique. « Aujourd’hui, nous proposons 6 objets fabriqués en série à partir de matériaux de récup ! », se réjouit Guillaume Poignon.

« Notre ambition est d’augmenter le taux de réemploi des meubles usagés. Dans ce but, il est essentiel de garantir la qualité des produits adressés aux plateformes de l’économie sociale et solidaire et de développer les compétences des salariés de ces structures », explique de son côté Dominique Mignon, Présidente d’Eco-mobilier.

« Les apprenants sont rapidement capables de faire les petits meubles de la série »

La collaboration entre Eco-mobilier et l’Atelier Emmaüs s’inscrit dans cette logique. La menuiserie forme en effet les apprenants sur 30 jours en binôme avec un menuisier professionnel. Ils réalisent des commandes pour des entreprises privées mais aussi pour des particuliers à qui ils proposent, par exemple, les meubles fabriqués en série. « Concrètement, les apprenants sont rapidement capables de faire les petits meubles de la série et éprouvent une réelle satisfaction à produire quelque chose de leurs mains. Les profils des stagiaires sont très variés : les apprenants ont de 15 ans à 50 ans, certains retourneront à l’école après la formation, d’autres sont des demandeurs d’asile qui veulent apprendre un métier. Nous avons aussi formé des personnes venues faire des travaux d’intérêt général », indique Walter, l’un des 4 menuisiers de l’atelier Emmaüs.

Au-delà de réalisations concrètes, le but de la formation est aussi de « casser des dynamiques négatives dans lesquelles peuvent se trouver les apprentis, ce qui les conduit parfois à se sentir inutiles et à ne postuler nulle part », souligne Guillaume Poignon. « L’objectif n’est pas forcément de les former à devenir menuisier mais bien de leur remettre le pied à l’étrier pour qu’ils réapprennent à travailler. Certains vont ainsi s’intéresser à l’artisanat ou à d’autres formations qualifiantes », ajoute le responsable de la menuiserie du réseau Emmaüs. Le meuble usagé devient ainsi un outil de réinsertion sociale. 

 

Publié le 11/08/2021
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