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Bonne pratique

« Le designer doit savoir penser cycle de vie des produits »

L’éco-conception consiste à intégrer la protection de l’environnement, dès la conception des objets. Dans cette perspective, le designer occupe une place capitale. Entretien avec Samuel Mayer, directeur du Pôle Eco-conception.

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Dans la démarche pluridisciplinaire de l’éco-conception, le designer occupe une place privilégiée pour faire office de fil rouge entre les différents intervenants. Il va aussi permettre de penser autrement, à toutes les étapes du développement d’un produit. De plus en plus de designers s’impliquent dans la démarche d’éco-conception.

Samuel Mayer directeur du Pôle national Eco-conception, centre de ressources basé à Saint-Etienne, explique la valeur ajoutée qu’apportent les designers dans la démarche d’éco-conception.

Pourquoi les designers peuvent-ils remplir un rôle crucial dans l’éco-conception ?

Samuel Mayer - Parce que le designer est orienté vers les usages de l’utilisateur, il est « user centric ». Mais aussi parce que dans le développement d’un produit, le designer est engagé très tôt, dès les premières phases d’un projet. Or des études montrent que 80% des coûts économiques sont définis dès les premières étapes du développement d’un produit. Je crois qu’il est possible de faire le parallèle avec les coûts environnementaux : tout choix fait en amont va avoir un impact final positif ou négatif très fort.

Quelles compétences doivent posséder les éco-designers ?

S. M. - Par définition, un designer est quelqu’un de créatif et curieux. C’est pourquoi, on ne peut pas l’enfermer dans une compétence particulière. Néanmoins il y a quelques points clés : il me paraît nécessaire qu’il pense cycle de vie. Cycle de vie dans sa globalité, sans s’enfermer dans une seule étape, que ce soit la conception, la production ou la consommation. Il faut qu’il ait un point de vue le plus large possible et qu’il veille qu’à chaque décision prise, il n’y ait pas un transfert d’impact d’une étape sur une autre, par rapport à la solution dans son ensemble.

Ce qui me paraît important c’est que le designer ne se laisse pas non plus enfermer dans la seule vision du client ou de l’entreprise. Car s’il reste dans la problématique telle qu’elle est formulée, il n’y aura pas de re-design. On refera seulement la même chose en mieux. S’il sait remettre la problématique dans son environnement d’usage, sans doute trouvera-t-il des solutions qui n’étaient pas forcément celles attendues, mais qui seront plus complètes, plus innovantes, plus légères fonctionnellement, en matériaux et pour l’usager. Il devra être disruptif et poser les bonnes questions : pourquoi fait-on ce produit, dans quel contexte, pour quels modes d’usage ?

Est-ce que les formations des designers préparent bien à l’éco-conception ?

S. M. - On observe beaucoup de progrès autour de l’éco-conception dans les formations d’ingénieurs et de designers depuis les années 90. A l’époque il s’agissait d’une sixième année – très coûteuse – de compétences complémentaires à acquérir et qui menait vers une expertise. Aujourd’hui, dans la plupart des écoles d’ingénieurs et de designers, l’environnement et le développement durable sont intégrés au long des cursus. Le positionnement des écoles varie. Parfois, on peut rester dubitatif, car les compétences ne sont pas suffisamment consolidées. Mais en 20 ans, cela a beaucoup progressé. 

 

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